lundi 29 décembre 2014

Introduction

Ce Blog présente le carnet de poilu de mon grand-père maternel Prudent Legendre en 1914-1915 ainsi que certains documents d'époque (Pour voir les cartes postales et photos, allez sur le côté droit du Blog dans "archives"...). 
Il était né le 11 avril 1886. Mobilisé du 4 août 1914 au 17 mars 1919, il fut affecté successivement aux 131 RI, 331, 405, 239, et 140ème RI. Il reçut la Médaille militaire, la Croix de guerre, la Croix du combattant, la Médaille de l'Argone et la Médaille de Verdun. Il passa l'essentiel de sa vie à Mennetou sur Cher (Loir et Cher) où il tint un hôtel-restaurant puis un bureau de tabac. Il assura la présidence du Syndicat d'initiative et du tourisme pendant 25 ans et celle de la section locale des anciens combattants.




Quelques remarques personnelles sur ce carnet de tranchées:
Ce document est présenté dans toute son authenticité, l'orthographe n'est pas corrigée. J'ai ajouté, à droite du texte et entre parenthèses, quelques explications sur des mots de vocabulaire employés dans les tranchées et l'orthographe exacte des noms de lieux.
Les notes prises quotidiennement sont brèves. Il s’agit de fixer des repères pour se souvenir plus tard du déroulement des événements.
Les émotions ne transparaissent pas pourtant il se passe devant ses yeux des faits dramatiques et il est lui-même engagé dans des situations extrêmes (combats à la baïonnette, blessures…). La censure peut en être une raison, la retenue, la pudeur en est une autre.
   Ces moments marqueront toute sa vie. Dans les années 1960 où je passais beaucoup de temps avec lui, cette guerre était un sujet de discussion qui revenait sans cesse. Son engagement dans l’association des anciens combattants était très importante ( Il  était le président de la section locale). Il conservait dans son bureau le drapeau tricolore des anciens combattants et le fusil à baïonnette juste à côté. Je me suis toujours demandé si cette lame avait servi mais je n’ai jamais osé poser la question…
   Les parties de cartes avec ses amis qui avaient connu ces années là étaient interminables. Autour d’une chopine de vin rouge, les éclats… de voix étaient nombreux. Certains partaient en bougonnant sans finir la partie de belote mais le lendemain tout le monde se retrouvait autour de la même table ! 
Lors de son enterrement en mars 1969 les anciens combattants de 14  étaient encore nombreux. Différents discours rappelèrent son engagement, ses blessures et ses distinctions... 
Les célébrations de 2014 pour le centenaire du début de cette Première guerre mondiale constituent une bonne occasion pour transmettre ce témoignage.


 Richard Fortat, 
petit-fils de Prudent Legendre. 
Décembre 2014




Une exposition consacrée aux combattants de Mennetou-sur-Cher de la guerre 14-18 s'est déroulée en novembre 2016. Elle a eu beaucoup de succès. Prudent Legendre avait une place de choix dans cette évocation. Le blog qui lui est consacré a été nommé lors du discours d’inauguration. Un beau panneau a été réalisé par les bénévoles de la bibliothèque organisés autour de Ghislaine Lanchon (voir ci-dessous).



Un conseiller général, Christophe Thorin le maire de Mennetou et Ghislaine Lanchon lors de l'inauguration de l'exposition.



à visiter aussi: 
un site qui parle de 14-18 et du Loir et Cher
http://www.culture41.fr/Centenaire-1914-1918

un autre Blog sur un poilu dont j'ai retrouvé la trace
http://pierrepillondinan.blogspot.com



Carnet de tranchées

Legendre Prudent
Louis
331ème  Régiment d’infanterie
22ème compagnie
Classe 1886

Notes
Campagne 1914-15
Le 4- Août arrivé à  L’Alambra
en cantonnement jusqu’au
8 Août, équipement, habillage
exercice.
le 9, départ pour la gare
des Murlins.                            (gare d’Orléans)
Arrivé à 4 h du matin à
Sampigny sur Meuse.
fatigué d’avoir passé 2 nuit
dans le train, par un
temps orageux, départ
pour Maizé à 8 kilomètres   ( Maizey, Meuse)                                                                                                
  
de Sampigny.
Le 110 départ pour
Blanzé 20 kilomètres en               (Blanzée)
forêt (temps orageux
trempé par un orage
qui nous surprend en
entrant à Troyon où
nous continuons jusqu’au
14 Août. Exercices dans les
champs.
Changement des cantonnements
le 14 pour aller dans                  
une ferme à 4 kilomètres            
de Troyon, dans une
ferme très sale



ou il se trouve déjà
 plus de 3000 soldats
 (Compagnie dans une
 grange ou l’eau passe
 à travers le toit)
le 16 départ pour Hautecourt
à 14 kilomètre
fusillade assez forte
au moment de la soupe
à quelques kilomètre.
Nous quittons tous le
bon rata pour prendre                    (rata : ragoût)
les fusils.
le 17 départ pour Dieppe
comme garde des convois
                 




Rencontre de mon frère
Charles.
18.19.20 Exercices dans les
champs de blé et
d’avoines.
le canon gronde au loin.
le 20 août de garde au
issues.  départ en
alerte à 5h du matin
pour Longuyon, marche
très dure de 40 kilomètres
par la route dégradé par
l’artillerie.
cantonnement à 4 kilomètres
à  8 h du soir dans une

grange en route tir
sur un aèro boche                   (aéro : abréviation d’aéroplane. Avion)
le canon gronde fort
toute la nuit nous
apercevons la lueur des
pays environnants en
flammes.
le 22 août marche en
  avant sur Longroy
Forte canonnade et fusillade
sur une grande étendue
Grande halte dans un
pré à 2 kilomètres de
la frontière Belge
nous nous ….. vers 10 h du


matin, après avoir
essuyé les premiers
coups de canon qui
mettent un peu de
panique dans le régiment, c’est un
sauve qui peut, beaucoup
abandonnent leur sac et
outils, les cheveaux
s’enfuient sans cavalier,
les voitures reste en panne,
à 3h de l’après-midi
le bataillon est rassemblé
à part quelques blessé légér
personne ne manque


Bivouac dans un champ                 (bivouac : campement provisoire à l’extérieur)
de seigle.
le 23 marche en avant
  tir sur aèro
  passage à Longuyon
  à 9 h du matin
arrivé à Villers la Chèvre
vers 11h bombardement
par les chraspnell et        (shrapnel ou shrapnell : obus rempli de 200 à 300 billes de plomb)
mitrailleuse boches
à la sortie de la forêt
mouvement de repli
sur Longuyon
transport du Caporal Cointepon
exténué de fatigue


chez M. Barsé Maillard
73 Cote troqués
Je n’ai pu rejoindre
mon régiment qui était
sur la droite de Longuyon
les premiers Ulhans était                    (Uhlans : soldats à cheval)
aperçu.
Je me trouve avec le
6ème corps qui engageait
la bataille de Orsanay 
(charge à la bayonnette,                      
couché à Pierrepond                           (Pierrepont)
dans une grange
Je rejoins mon régiment
qui occupait les hauteurs


de Longuyon.
Violent bombardement.
La compagnie reste 6 heures          
sous les schrapnell                        
      Quantité de bléssé

  Bataille de St Laurent

       Bivouac à Damvillers
le 28 départ pour Merles                      (Merles sur Loison) 
Cantonnement à Cuisy
Le 26 Monfaucon                                  (Mautfaucon-d’Argonne)
   cantonnement à Apremont                 (Apremont la Forêt) 
Le 27Apremont

Le 28 Charpentry

Le 29 rencontre de

Gilbert Lemiard de passage




à Fléville, cantonnement                      ( Fleville) 
À  Cornay
Réveil en alerte le
30 marche par Fléville
Sommerance, Landres
  Barjonville.   Halte
  après une marche de
  30 kilomètre
  le régiment se déplace
 en tirailleur pour
 traversé un bois de
 2 kilomètres, bayonnette
 au canon.
   Obus et balles
passage d’un champ


d’avoine couver de
   bléssé, fauché par
   la mitraille qui
   tombait comme la grêle
( pauvres 2 camarade
au milieu des balles.)
Disparition de Baudrillon
  Retour à Fossé
couché dans une grange
avec le capitaine
le 31. Avant poste
en tranche de garde
à la lisière… bois
Obus.
Le 1er septembre. Retour




à Barjonville, Momblainville
Le 2 septembre à 4h du matin
  formation de combat
 avant-garde, rafale d’artillerie
jusqu’a 4 h du soir (balles)
  bivouac à Église-Fontaine
le 3   7bre départ à 7h
du matin, obus sur la section
un bléssé
Cantonnement à Bannicourt
le 4 Villey
le 5 Aunaucourt
le 6   garde de convoie
du régiment, attaque de la
colonne à Lahécourt

par une fusillade
ennemie. (plusieurs bléssé
traverse d’une rivière à
la nage avec les sac
Obus sur l’Etat major
Mort du général Rogues et
de plusieurs officiers
bombardement de Laimon
Brabanh retour à Tains
le 7 tranche à Bucy la Cote
le 8 bivouac idem
le 9 en petit poste dans
un bois, garde du matériel
d’artillerie abandonné par
les bôches



14 caisses, … chevaux
et quantité de boches
sur le terrain
  un sous-officier boche bléssé
  (terrible carnage
merveille de nos Rimallo   (Rimailho : canon français court de calibre 155, du nom de son inventeur)
le 10 Laimon (tranché)
le 11 Bucy la Côte
le 12 Villers au Vent
grande halte dans un prés
une seule maison debout
le reste du pays brulé
Le 13 Autrecourt
Le 14 Fraides
Le 15 bivouac au bois


par une grande pluie
aux environs de Dombasle
Le 16 Malencourt la campagne
Commande pour attaquais
une batterie boches (obus
nuit passé à faire des
tranché, le matin au
petit jour bombardements
par les boches (plusieurs
bléssé.
   Caporal Coguent
le 17 Orsancourt (pluie
plusieurs bléssé (Obus
le 18 départ à 3h du matin
Marche sur Varennes


caché dans un bois de
   6 h du matin à 8 h du soir
   cantonnement à Vauquois     
le 19 bivouac à Vauquois
dans un près (pluie)
le 20 tranchée a Vauquois
le 21 repos dans un bois
le 22 marche sur Monfaucon       
(sous les balles et obus
jusqu'à la nuit.
2 section en tirailleur        (section : environ 65 hommes commandés par un sous-lieutenant)
en avant du bois de Véry
   Disparition de Sauvard
Le 23 bivouac au bois
le 24 balles et obus ….

le 25 idem gelée blanche
le 26 au 28  Archeville
le 29 Neuvilly tranchée
le 30 Neuvilly bivouac
le 1er octobre- idem
le 2 arrivé sur territoire
de Sur (bivouac en plaine
- obus-
le 3   Archeville -obus-
le 4 au 8   Courcelly (cantonnement)
le 9 Archeville - tranché
le 10      idem
le 11-12 Neuvilly
le 13 avant-poste au



bois de la Maises (Vauquois)
le 14-15- 16 idem
le 17 attaque boche à
7h du soir- balles et obus.
………………………………..
le 18 avant-poste
le 19 au 26 Repos à Courcelles
le 27 Fort de la Maise
le 28   idem - tranchée
le 29 bivouac au bord
du bois de Vauquois 
le 30 Assaut de Vauquois
………………………………
le 31 Bois de la Maise
le 1 au 3       idem

Novembre
4 au 6    Repos à Courcelles
le 7    départ pour Clermont
les 8 et 9     Cantonnement- Clermont
le 10     Le Claon
le 11     Bois de la Challade                          (Lachalade)
le 12 au 15     - idem -
le 16 au 20     Le Claon
le 21 et 22    La Challade
le 23 au 30 avant-poste
au tranchés de La Challade
le 1 au 4 cantonnement
             La Challade
 5 au 8    Bois de la Challade
 9 au 11     Sapinière
12 au 14   La Challade (Vaccin



15  évacué pour Clermont
16     Clermont
17 au 24 -   Vagmestre         (vaguemestre : militaire chargé de distribuer le courrier)
le 25       Sapinière
le 26 Décembre au 4 Janvier
tranchée du Four de Paris
le 1er Janvier
  Caporal mitrailleur tué
  par un crapouilleau défectueux       (crapouillot : en argot, mortier de tranchée)
 5 bléssés
le 3 obus boches dans les
tranchée (1 tué 5 bléssés
  combats  l’artillerie
  temps épouvantable
       vent et eau


5 au 10 combats d’artillerie
le 6 Janvier attaque
des tranchées par le
1er régiment étranger               (voir la remarque dans la page sur les photos)
……………………………….
le 11 au 15 Four de Paris
le 16 Le Claon
le 17 au 28 Auzeville
le 29 Clermont en Argonne
du 30 au 2 février                                
le 3    Les petites Islettes
le 4      Sapinière du Four de Paris
du 9 au 12     Four de Paris
le 13 cantonnement dans
les caves de La Challade


le 14 au 16 Ravin de Courte
     Chausse (Repos)
Le 17 Attaque d’artillerie
    et par les marsoins.
    sur Vauquois Boisseuil
Le régiment en réserve a la
Croix de Pierre ( Le Claon
      Bivouac (sous la tente
Le 18 au 22
      Cantonnement à  La Challade
Le 21    Repos
        Messe Vèpres
    partie de cartes
éclairage avec un bout 
 de lard (bon résultat)

le 22    Corvé d’abri en
avant de la Challade
du 23 au 10 mars
      tranchés du  Four de Paris
10 au 14    La Challade
le 14  attaque par les Marsoins
        100 prisonniers boches
  1 officier boche fusillé
du 15 au 26 cantonnement a
la Challade
le 26 tranchée de Bolante
     Balh.. et crapouilleau
    Sentinelle avancée
Le 27     2ème ligne réserve
        travail … …..



le 27 à 9 h du soir
    explosion d’une mine boche       
le 28   obus sur
 notre cabane (partie de cartes
le 29    Balles crapouilleau
     adjudant bléssé, travail au mine
Le 30    Sergent     Quatre hommes
tué par une balle aux craineaux     (créneau : ouverture aménagée en  haut d’une tranchée)                  le 31 explosion d’une mine  bôche
le 1er Avril Cantonnement d’alerte
        à la Challade
le 2 Avril tranchée du
     Four de Paris

Le 3 Avril. Sentinelle avancée
Violente cannonade et fusillade
   fusée lumineuse (pluie)
Le 4- Attaque d’une heure
aux créneaux 100 cartouches
       Bombardement
Le 5 Avril- Bombardement
Le 6 calme (pluie)
Le 7- Obus et hirondelle 

le 20 Avril (Obus
de garde aux issues
le 21 corvée de bois
    
le 22 au 26 idem
le 26 arrivé d’un renfort
     Émile et Gaffoureau                                  (Émile est son frère)
Le 27 Relevé de la 23ème compagnie
 Ravin du Four de Paris
 tranché de 1ère ligne
le 28 au 30 idem
      -obus-
le 1er Mai Relevé au repos
au ravin de Courte Chausse
le 26     repos
le 3 travail à la route
    des 3 ravins



Le 4 -       lavoir du ravin
  Bombardement du ravitaillement
 du   5ème colonial
30 obus en 10 minutes
    18 bléssés
le 5.  Corvée de lavoir
le 6 tranchée du
Tour de Paris en réserve
 dans le ravin
Le 7 : corvé de bois (rondins
Pour faire des abris en
1ère ligne
le 8.     bombardements
  Violente fusillade d’une heure
Le 8. 2 obus a 1m de moi et
de mon frère Émile

Le 9 Mai       1 prisonnier boche
………………………………
le 10      Calme
le 11   Ravin de Courte Chausse
le 12    Vaccination antiphoïdique
le 13    corvée de lavoir
le 14      Repos
le 15   Corvée de route
 explosion d’une mine
 boche, fusillade et fléchettes
 sur les marsoins
1 mort et 2 bléssés à la compagnie
le 16 tranchée du
 Four de Paris en liaison
Avec les marsoins à Bolante



à 10 heures du soir
pose de fil de fer barbelé
à 40 mètres en avant des
  tranchée  1 bléssé
le 17  avant midi - calme
à 4 h du soir explosion
d’une mine boche
à 10 h du soir pause de
fil de fer barbelé
    jusqu’à minuit
le 18  calme  pluie
le 19   bombardement boche
le 20  journée calme
Violente cannonade de 9 a 10 h
du soir, fusillade



le 21 Mai      Calme
le 22   repos au Ravin de
    Courte Chausse
le 23   Vaccin contre la typhoïde
le 24-25   repos
le 26  corvé de route 3 ravins
le 27        explosion d’une mine
le 28         repos
le 29   corvée de route
le soir de sentinelle de liaison
le 30 corvée de route
le 1-2   idem
le 3.     repos
le 4     tranchée de 1ère ligne
au Four de Paris de 10 a 11 h



fusillade et cannonade
   incendie d’une cabane
le 5   tranchée en 1ère ligne
le 6    idem
le 7   patrouille de nuit
le 8   Bombardement des
 tranchée bôches au 75
le 9  Bombardements des 1ère lignes
bôches au 155
   40 obus, effet épouvantable
de sentinelle au poste
  d’écoute
le 10-11 Bombardements
au 90

le 12 départ pour
Clermont en Argonne
a 4 h du matin
le 13   revue du général
le 14   exercice
le 15   départ pour Vauquois
le 16    Compagnie en réserve
  du bataillon
   1 tué par obus
le 17   travail de nuit
à un observatoire d’artillerie
le 18     corvée
le 19    de garde aux pièces
d’artillerie du 80
le 20  travail de nuit aux
boyaux d’avant-poste                            (boyau : voie de communication entre
                                                                                   deux lignes de tranchées)




le 21 Relève à 8 h du soir
   cantonnement à Vraincourt
   arrivé à 1 h ½ du matin
   au baraquement
le 22     repos
le 23 au 27   exercice
   attaque du régiment
le 28 Soir départ pour
  Vauquois
le 29  corvée de claie
et galions
le 30   chevaux de frise
   en 1ère ligne
  violent bombardement de la
crête du Mont-Blanc de 4 h  à 7 h
                                        matin
le 1er Juillet
    travail de nuit aux
   boyaux d’avants poste
le 2 -   garde  à la batterie
   de fusil  3000 cartouches
  par 24 heures
le 3    chevaux de frise
le 4    Repos à Julvécourt
du 5 au 9  Exercice et revue
  départ pour Vauquois
  relève à 10 h du soir
  au petit poste à 7h  mèt… (petit poste : poste de surveillance avancé et isolé devant la 1ère ligne )
des bôches (bayonnette au canon
le 10   bléssé par une
balle dans le périscope




coupure des lèvres par

les debris des glaces
l’après-midi crapouilleau
le 11   sentinelle au
  petit poste
 balles et crapouilleau
  Fouqueau bléssé par un éclat
  éboulement d’une cabane
  par un obus. 1 camarade enseveli
retiré des décombres au
bout de 20 minutes
le soir de garde au
petit poste de 9 h du
soir a 3 h du matin


le 12 Juillet. matin calme
  à 4 h du soir explosion
  d’une mine francaise
  9 h mort du Sergent Brandin
tué d’une balle à la tête
2 tué à la 21ème et 1 à la 23ème compagnie
à 6 h du soir attaque des
bôches de la Pierre croisé à
  Binarville
Terrible bombardement jusqu’à
minuit
le 13. bombardement et
     fusillade sur notre
     gauche
à 11 h. Violent bombardement



par les bôches, crapouilleau

  tuyau de poële
jusqu'à 3 h du soir
   explosion d’une mine
  canon revolver
1 mort et 30 bléssé à
la compagnie
le 14    Bombardements
le 15-16.     idem
obus de 210  plusieurs bléssé
le 17  explosion d’une
   mine boche
le 18.  calme
le 19   explosion d’une mine
   française à 10 h du matin


à 11 h du soir  explosion
de 2 mines francaises
à 11 h du soir
  Bombardements sur les reserves
plus 100 obus en une heure
le 21-22 : calme
le 22 explosion d’une mine
   francaise
bombardements de tranchées
au 75, après-midi Crapouilleau             (canon de 75 : 75 mm de diamètre)
le 23 terrible bombardement
par les crapouilleaux et
torpilles, tranchée démolie                    (torpille : projectile d’artillerie)
à 4 h explosion d’une mine
francaise




le 24      à 11 h explosion
 d’une mine francaise
à 11 h cinq minutes explosion
 d’une mine boche
bombe, torpille et obus
 de 150
 travail de nuit pour
 refaire les tranchées
le 25  matin calme
l’après-midi bombardements
 au 105. 2 morts à la 20ème comp.
 le 26 à 6 h du soir
explosion d’une mine boche
     .. bombes et grenade


le 26 de garde en 1ère ligne
de 9 h du soir à 3 h du matin   
blèssé vers minuit par
   une bombe qui tombe
   à mes pieds
   pansements au poste de secours
   nuit passer dans une cave
le 27 transport à l’ambulance        (ambulance : unité médicale et  chirurgicale )
de Clermont en Argonne
arrivé vers 11 h du matin
le 28 départ de Clermont
à 10 h du matin
  arrivé à Bourges le 29
    à 5 h du soir